Abréviations utilisées pour renvoyer à des ouvrages souvent cités

Recueils de cantiques

Hanauisches Gesangbuch 1707 : Neu-Verbessertes /Christliches / Gesangbuch ,/ darinnen vornemlich / Hn. D. Mart. Luthers,/ So dann auch anderer Wahr-E-/vangelischer Treuer Bekenner Geist- / reiche Gesänge enthalten. Zu Befürderung / So wol des offentlichen GOttes-/Dienstes,/ in denen Kirchen der Obern / Graffschafft Hanau, und anderer Evangelischen Or-/ten, als auch der Privat Andacht und heiliger See-/ len Lust, Mit Fleiß zusammen getragen. Dabey ein / Christliches / Gebett-Buch, / Darinnen / Allerhand [schöne ?] Anweisungen zu / finden, wie der Mensch in mancherley / Noth und Anliegen vor GOtt sein / Hertz außschütten soll. Mit Hoch-Gräfl. Hanauisch. Privileg. Straßburg, / Verlegts Joh. Reinhold Dulßecker. / Im Jahr Christi 1707.

Le recueil de cantiques proprement dit renferme 472 cantiques et une page (p. 768) intitulée "Psalm 103", mais qui ne fournit pas réellement le texte du psaume. Les textes sont accompagnés d'environ 140 mélodies, lequelles sont en général dans la forme traditionnelle (rythmique), mais ont été dans quelques cas simplifiées. J. Zahn, dans son ouvrage Die Melodien der deutschen evangelischen Kirchenlieder, utilise d'autres éditions de ce recueil (essentiellement celles de 1695 et 1713), mais il les appelle recueils "strasbourgeois" ; en fait ils ont bien été imprimés à Strasbourg, mais ne furent jamais utilisés par les paroisses strasbourgeoises elles-mêmes. On aurait pu les appeler "recueil de Bouxwiller".

Colmarisches Gesangbuch de 1781 : C'est le recueil dont le conten peut être consulté sur le site web<http://colmarisches.free.fr/>, et c'est le successeur immédiat du Colmarisches Lobopfer. Il parut d'abord en 1781, et est présenté sur le web dans l'éditions peu modifiée de 1807. Les deux recueils colmariens, l'"ancien" (= le Lobopfer dans l'édition de 1746) et le "nouveau" (celui de 1781) sont évoqués avec éloges par Rittelmeyer, l'éditeur du Gesangbuch für Christen Augsburgischer Konfession. Quoiqu'il remonte à 1781, il a été réimprimé au moins jusque dans les années 1840.

Recueil strasbourgeois de 1808 : Gesangbuch / zur Beförderung / der / öffentlichen und häuslichen Andacht / Auf Verordnung / des Directoriums Augsburgischer Confession / zu Strasburg / neu herausgegeben. / Strasburg / verlegt durch Dannbach, Lorentz und Schuler, Heitz, König. / 1808.
Sur 320 pages on trouve 436 cantiques qui, dans la mesure où c'étaient des cantiques anciens, ont été présentés ici dans un texte souvent violemment "modernisé". Mais la part prise par ces cantiques anciens est relativement faible : même Ein feste Burg, le seul cantique encore présent de Luther, n'apparait que dans un "supplément". Le recueil avait d'abord été publié en 1798 dans une édition destinée aux enseignants et pasteurs, et dans la préface était sollicité un examen critique "impartial". En 1808, on n'exprimait plus ce souhait ; mais en même temps que le recueil de cantiques paraissait une collection de mélodies, suivie l'an d'après d'un livre d'orgue (qu'ici on appelle livre d'orgue Hepp ou Hepp-Herrenschneider). Les mélodies sont d'une part sensiblement moins nombreuses que dans des recueils plus anciens, et ensuite elles sont toutes présentées sous une forme rythmiquement très simplifiée et parfois pourvues de petits ornements méloques.

Conferenz-Gesangbuch de 1850 (Strasbourg) : Gesangbuch für die evangelischen Gemeinden Frankreichs. Straßburg, / bei Wittwe Berger-Levrault, Buchdrucker, / Judengasse, 33. / 1850.
La préface dit que la "conférence pastorale de Strasbourg propose ce nouveau recueil aux "paroisses françaises parlant allemand". Il contient 750 cantiques, qui conformément à la tradition sont suivis d'une collection de prières. La conférence pastorale a suivi pour l'essentiel la tradition la plus récente, et a donc repris en général les textes "corrigés"des cantiques anciens (p.ex. à la place du Herzliebster Jesu de J. Heermann, on retrouve ici encore le Du mein Erlöser, der du für mich littest de Diterich. Le livre d'orgue de Théophile Stern et Konrad Berg, qui cette fois encore parut presque aussitôt après, aurait voulu, dit la préface, rapprocher autant que possible de leur forme originale les mélodies connues en Alsace" - mais y a en réalité renoncé la plupart du temps. Tout de même, il y a des cas dans lequels le recueil de cantiques revient à une forme plus proche de l'original, et dans le cas particulier de O Haupt voll Blut und Wunden, les deux formes, plus ou moins originale et "corrigée", sont juxtaposées.

Les recueils mulhousiens :
L'église protestante de Mulhouse a toujours été plus proche de la tradition suisse que de la tradition alsacienne (la ville a été du reste associée à la Confédération helvétique jusqu'en 1790). C'est pourquoi les recueils mulhousiens ne sont souvent évoqués que lorsque leur contenu est sensiblement différent de celui des autres recueils alsaciens. Il a existé au cours du 19e siècle deux recueils mulhousiens :
- 1818 : Gesangbuch / zum Gebrauche / der / evangelischen Konsistorialkirche / von / Mühlhausen. / Mühlhausen, / gedruckt bey Joh. Rißler und Kompagnie. / 1818.
Ce recueil contient 515 cantiques, qui en accord avec l'esprit du temps, sont de tendance rationaliste-moralisatrice. Les cantiques sont suivis (après un index alphabétique) des prières, qui n'occupent que dix pages. Une série de mélodies - en partie différentes de celles qui étaient chantées à Strasbourg - accompagnent les textes correspondants. Toutes ces mélodies se présentent sous une forme rythmiquement simplifiée - et donc parfois défigurée, ce qui dans le cas présent est d'autant plus frappant que dans le nombre, on trouve une série de mélodies de psaumes de la tradition française, qu'on n'a pas eu l'occasion par ailleurs de rencontrer ainsi traitées en Alsace.
- 1865 : Evangelisches / Gesangbuch. / Mit Genehmigung / des / Consistoriums von Mülhausen, / für die Kirche daselbst. / Straßburg, / Druck von G. Silbermann. / 1865.
Ce recueil contient 526 cantiques ; les prières qui suivent - cette fois avant le répertoire alphabétique - occupent ici moins de six pages. De façon assez comparable à ce qu'on trouve dans le Conferenz-Gesangbuch à Strasbourg, les textes sont souvent, dans ce recueil, plus proches des originaux que dans celui de 1818 ; mais on ne peut pas parler de fidélité à l'original. Pas de mélodies ici ; mais il est permis de supposer que là aussi, comme cela a pu être remarqué pour le livre d'orgue de Stern-Berg, la tradition récente a davantage été suivie que la forme originale des mélodies. Il existe du reste un livre d'orgue mulhousien paru environ à cette époque, lequel confirme en partie cette supposition ; mais le retour en direction des vieilles mélodies y est tout de même plus net que chez Stern.

GCAK : Gesangbuch / für Christen / Augsburgischer Confession. / Geistreiche Lieder / größten Theils gesammelt / aus den im Elsaß sich vorfindenden Gesangbüchern. / Lasset das Wort Christi unter euch reichlich wohnen / in aller Weisheit ; lehret und vermahnet euch selbst mit / Psalmen und Lobgesängen und geistlichen lieblichen / Liedern, und singet dem Herrn in eurem Herzen. /
Kolosser, 3, 16. / Straßburg, / in Commission zu beziehen durch alle Buchhandlungen, / bei C.A. Vomhoff, Münstergasse, 16. | bei F. Wilh. Müh, / Schlossergasse, 10. / 1863.
Ce recueil a été préparé par G.H.A. Rittelmeyer, qui était alors pasteur à Illkirch ; il était destiné aux paroisses "luthériennes strictes" (p.ex. Saint-Pierre le Jeune à Strasbourg, avec le pasteur Fr. Horning, 1809-1882). Il en a existé plusieurs moutures successives. Après la première édition en 1863, une deuxième, légèrement modifiée, suivit dès 1866, puis en 1869 et 1873 une troisième, de nouveau un peu différente, qui resta inchangée jusqu'au début du 20e siècle. Ces trois versions assez proches constituent le GCAK "Alt". En 1908 est ensuite parue une nouvelle version, le GCAK "Neu", qui donna à presque tous les cantiques des numéros différents, et qui enleva certains textes et en introduisit d'autres. C'est pourquoi on est obligé de distinguer dans les annotations les numéros dans le GCAK "Alt" et dans le GCAK "Neu". Les textes sont dans ce recueil dans une version en principe fidèle à l'original, quoique ici ou là un terme archaïque ou un peu bizarre a été remplacé. Le choix des textes se fonde de son côté sur une tradition beaucoup plus ancienne que dans les deux recueils strasbourgeois précédents dont il a été question ci-dessus. C'est pour accompagner ce recueil que Friedrich August Ihme publia en 1875 son livre d'orgue Halleluja, dans lequel les mélodies elles aussi sont présentées sous une forme conforme à la tradition ancienne.

Spitta-Gesangbuch 1899 : Evangelisches Gesangbuch für Elsaß-Lothringen. Verlag der Straßburger Pastoral-Konferenz. Vertrieb bei J. H. Ed. Heitz (Heitz und Mündel) in Straßburg i. Els., Möllerstraße 16.
Le nom "Spitta" a été associé à ce recueil parce que Friedrich Spitta (1852-1924), à l'époque professeur de théologie à l'Université de Strasbourg, avait dirigé en tant que président les travaux de la conférence pastorale de Strasbourg qui prépara le recueil paru en 1899. Ce recueil contient 411 cantiques, qui pour la plupart utlisent une version relativement proche du texte original, mais tout de même moins fidèle que celles du GCAK. Les mélodies, harmonisées dans le livre d'orgue paru simultanément par J. Wolf, recherchent de leur côté une espèce d'équilibre entre les mélodies rythmiques à l'ancienne et les formes ryhtmiquement "homogénéisées". Dans quelques cas, le livre d'orgue offre le choix entre une forme "ancienne" et une forme "plus tardive", et lorsque une édition ultérieure choisit l'une des deux, c'est tantôt l'une et tantôt l'autre. Ce recueil de cantiques a été republié plusieurs fois jusque dans les années 1930, sous plusieurs présentations.

GKAKEL : Recueil / de cantiques / de l'Église de la / Confession d'Augsbourg / en Alsace / et en Lorraine / Strasbourg MCMLII - Gesangbuch / der Kirche / Augsburgischer Konfession / im Elsass / und in Lothringen / Im Jahr des Heils / MCMLII
Ce double recueil (au début, 18 chants liturgiques et 50 cantiques en langue française, suivis de 77 chants liturgiques et 487 cantiques en allemand, le tout suivi du Petit Catéchisme de Luther) parut en 1952. Il est intéressant de remarquer que le lieu de la publication est indiqué dans la partie française, non dans la partie allemande, ce qui évite aux éditeurs d'avoir à choisir entre la forme allemande (Straßburg)) et la forme française (Strasbourg) du nom de la ville. Par son contenu, ce recueil est beaucoup plus proche de l'orientation "luthérienne stricte" que le recueil Spitta, et beaucoup de cantiques fort populaires y manquent. C'est la raison pour laquelle, trois ans déjà après la première publication, on ajouta un "Choix de 55 cantiques" (un supplément) qui les renfermait tous, sans les mélodies cependant. C'est ainsi que des cantiques comme Harre, meine Seele, - Ihr Kinderlein, kommet, - Die Sach ist dein, Herr Jesu Christ font leur retour dans le recueil. Le livre d'orgue préparé par E. Müller ne parut qu'en 1963. Sur le présent site Web, on comprendra que seule la partie en allemand de ce recueil est prise en considération.

EG 1995 : Evangelisches Gesangbuch. Ausgabe für die Evangelische Landeskirche in Baden / pour l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine / pour l'église Réformée d'Alsace et de Lorraine.
Ce recueil offre d'abord 535 cantiques dans une partie appellée "Hauptteil", puis une partie régionale ("Regionalteil"), en l'occurrence la partie destinée à "Baden, Elsass und Lothringen, Pfalz", qui contient les numéros 541 à 692. Après cela vient une partie "Gebete, Gebetsgottesdienste, Bekenntnisse, Beigaben" dont certains éléments varient également selon l'édition régionale. On ne tiendra compte ici que des cantiques proprement dits, y compris la partie régionale. D'un point de vue simplement linguistique, les textes sont souvent modernisés, mais s'écartent par ailleurs assez peu des textes originaux. Dans la mesure où les mélodies sont anciennes, elles sont souvent strictement fidèles à la forme originale. Cependant ce recueil se caractérise par la présence d'un nombre appréciable de cantiques récents, souvent chantés sur des mélodies également nouvelles ; ces nouveaux cantiques contrastent avec les cantiques francophones récents, souvent très décevants. L'EG ne contient pas exclusivement des cantiques en langue allemande, mais ici il ne pourra être question que de ceux-là. Le livre d'orgue correspondant était paru dès 1993 chez Bärenreiter à Kassel.

Livres d'orgue

Hepp 1809 : Choral-Buch zum Gebrauch der protestantischen Gemeinen des Ober- und Nieder-Rheins, Straßburg, gedruckt bey Philipp Jacob Dannbach, der Mairie Buchdrucker, 1809.
C'est à ma connaissance le premier livre d'orgue imprimé en Alsace. On l'appelle en général ici le "Hepp" ou le "Hepp-Herrenschneider", parce que l'avant-propos vante le travail remarquable fait par Sixtus Hepp (1732-1806), récemment disparu. Ce Hepp avait été organiste à Strasbourg, d'abord à l'église Saint-Thomas, puis au Temple-Neuf. L'expression "Ober- und Nieder-Rhein" figurant dans le titre signifie "Haut-Rhin" et "Bas-Rhin" (les noms des deux départements alsaciens, donc l'Alsace du Sud et l'Alsace du Nord). Ce livre d'orgue contient relativement peu de mélodies : le petit livret de mélodies publié peu avant le livre d'orgue en contient 75 sur 53 modèles de strophes (distincts par la versification). Le registre des types de strophes qu'on trouve au début du recueil n'en mentionne même que 47, parce qu'il y manque celles du "Supplément" (comme Ein feste Burg ist unser Gott, Sollt es gleich bisweilen scheinen etc.). Dans la mesure où il s'agit de mélodies anciennes, elles sont toujours sous une forme rythmiquement simplifiée, et quelquefois munies de petits ornements adventices. Sur les 83 pages du volume, les chorals se présentent comme ceci : la mélodie figure sur une portée en clé d'ut première, et une seconde portée propose une basse chiffrée, en clé de fa. Ces 83 pages sont suivies du Herr Gott, dich loben wir (le Te Deum en allemand, 8 pages), puis d'un index alphabétique (3 pages).
Voici qui permettra de juger de la profonde modification qui eut lieu au cours du 19e siècle dans l'idée qu'on se faisait du chant d'église : J. Wolf, l'auteur du livre d'orgue pour le recueil Spitta, qui cherche beaucoup moins systématiquement qu'Ihme à revenir aux mélodies originales de la fin du Moyen Âge ou des 16e et 17e siècles, trouve pourtant que le Hepp présente le chant d'église "dans son plus profond délabrement".

Straßburger Choralbuch (vers 1850) : Choralbuch / der in Strasburg gebräuchlichen / protestantischen Kirchen-Gesang Melodien / für das Piano-forte und die Orgel / PLEINCHANT / des mélodies protestantes usitées aux / Eglises de Strasbourg / pour le / piano et l'orgue.
Ce livre d'orgue imprimé aux alentours de 1850 ne porte ni date ni lieu d'édition, mais peut être considéré comme un successeur direct du Hepp. Certaines mélodies de ce dernier y manquent, quelques rares mélodies nouvelles apparaissent, mais toutes celles qui ont été prises dans le Hepp sont dans la même tonalité, et sont en principe identiques à la forme qu'elles ont dans le Hepp. La différence est simplement qu'ici la mélodie est fournie en clé de sol et que l'harmonisation à quatre parties - celle qui est indiquée par le Hepp - est entièrement réalisée.

Sammlung von Choral-Melodien für das neue Colmarer Gesangbuch zum Gebrauch der evangelischen Schuljugend
Ce n'est pas un livre d'orgue, car il n'y a aucun accompagnement, mais nous mentionnons ici cette publication parce que des mélodies chantées à Colmar y sont indiquées. Ce fascicule est daté par le catalogue de la Bibliothèque Nationale et universitaire de Strsbourg des environs de 1840, mais la date précise est difficile à déterminer, car il est bien paru à Colmar vers 1840 deux recueils nouveaux de cantiques, mais leur contenu ne correspond pas à la liste des mélodies proposées dans cette collection. Ces mélodies sont le plus souvent de celles qu'on trouve dans le Hepp, et toujours sous une forme presque identique, dans la même tonalité et pourvues des mêmes dénominations. Comme il n'est pas fourni d'harmonisations, on ne pourra faire entendre ces mélodies que toutes nues ou avec un accompagnement trouvé ailleurs ou spécialement produit pour la circonstance.
N.B. Il n'est pas toujours facile de décider ce que c'est qu'un "nouveau" recueil de cantiques. Dans la première édition du GCAK en 1863, le recueil colmarien de 1781, pourtant vieux de 80 ans, est désigné comme le "nouveau" recueil colmarien, par opposition au Colmarisches Lobopfer, qui est encore plus vieux de quelques décennies.

Stern : Choral-Buch / zum Gebrauch der / ezvangelischen Gemeinden Frankreichs. / Straßburg, / bei Wittwe Berger-Levrault, Buchdrucker, Judengasse, 33. / 1851.
Le livre d'orgue de Théophile Stern fut publié d'abord en 1851 sous les deux noms [Théophile] Stern et [Konrad] Berg, dont toutefois les noms n'apparaissaient pas sur la page du titre. Il s'agit d'un livre d'orgue conçu à l'initiative de la Conférence pastorale de Strasbourg. Il devait accompagner le recueil de cantiques paru en 1850 à Strasbourg (le Conferenz-Gesangbuch cf. supra). On a pu considérer cette édition comme disparue, car Zahn lui-même ne l'a jamais vue, mais en parle par ouï-dire (VI, Sources n° 1346), et même la date de sa publication ne lui était connue que par un courrier personnel de "Herrn Seminarlehrer Sering". Mais la Bibliothèque Nationale et Universitaire en possède troisexemplaires, qui ont été longtemps introuvables en raison d'un catalogage où les noms de Stern et Berg n'apparaissaient pas. J'ai ensuite pu en acquérir moi-même un quatrième exemplaire dans une vente des missions. Dans certains cas, les indications de mélodies données par le "Conferenz-Gesangbuch" ne peuvent être interprétées correctement que par référence à cette première édition du livre d'orgue. L'harmonisation à quatre voix est toujours répartie sur deux portées qui indiquent chacune deux voix. La deuxième édition en revanche, qui parut explicitement sous le seul nom de Stern en 1869, prenait en compte l'utilisation du piano et de "l'harmonium, qui se répand de plus en plus" (je traduis une remarque de l'avant-propos), et c'est la raison pour laquelle Stern renonce souvent à cette répartition des quatre voix, qui sera de nouveau la règle chez Ihme et Wolf. Theophil Stern (1803-1886), qui jouit aussi d'une certaine renommée comme compositeur, est aussi l'auteur de quelques mélodies nouvelles (p.ex. Jesus Christus herrscht als König), mais il s'en tint par ailleurs à la tradition antérieure en présentant presque toujours les mélodies sous leur forme rythmiquement simplifiée. Son influence peut être constatée dans le fait qu'Ihme, qui adopta sur ce point une attitude totalement opposée, se vit obligé d'accueillir dans la 2e édition de son livre d'orgue en 1888 une série de mélodies du livre d'orgue de Stern, dont il aurait certainement préféré se passer.

Mülhauser Choralbuch : Choralbuch zum Mülhauser Gesangbuch.
Ce livre d'orgue ne mentionne ni lieu ni date de parution. Il ne m'a été connu que par une indication fournie par un bénévole de la Médiathèque protestante de Strasbourg. Il doit être paru après 1860, plus vraisemblablement vers 1870. Il contient quelques mélodies absentes de tous les autres livres d'orgue. Autrement les mélodies y apparaissent tantôt sous une forme ancienne, ryhtmique, tantôt sous la forme simplifiée, alors la plus répandue. Impossible de décider selon quel critère c'est l'une ou l'autre forme qui a été retenue. Les noms des mélodies sont le plus souvent fondés sur le texte original (Wie schön leuchtet der Morgenstern, Sei Lob und Ehr, Schmücke dich, o liebe Seele etc.).

Ihme : Halleluja. / Vierstimmiges Melodienbuch / nebst liturgischem Anhang / von / F. A. Ihme, evang. luther. Pfarrer. / Bärenthal bei Philippsburg i. Elsaß. / Selbstverlag des Herausgebers. / 1873-1875.
Friedrich August Ihme (1834-1915) composa sous le titre Halleluja ! le livre d'orgue accompagnant le Gesangbuch für Christen Augsburgischer Konfession in Elsass-Lothringen (1863, GCAK, v. supra). Il ne parut qu'en 1875, puis de nouveau en 1888 dans une édition augmentée et un peu modifiée. Il en a existé aussi des éditions plus tardives. Ihme revient par principe aux formes anciennes des mélodies, même s'il ne s'agit pas toujours exactement de la forme originale. Ici nous utilisons et comparons parfois ces deux éditions. Mais la règle est qu'on se fonde le plus souvent sur l'édition originale de 1875
Ihme indique en général le tempo recommandé pour chaque mélodie. Il explique son système comme suit (je traduis) : "On fixera au tableau noir à l'école, ou bien l'on tiendra à la main, une ficelle longue de 1½ mètres à laquelle est attaché un poids de 100 gr. Chaque mouvement de ce pendule dans un sens ou dans l'autre indique la durée d'une noire." Il donne en conséquence un nombre qui dit quelle est la longueur laissée libre, en centimètres, de la ficelle. C'est pourquoi Ihme dit expressément, et en gras : "Ces nombres ne doivent pas être confondus avec ceux dont on se sert avec le métronome". En effet, chez Ihme, plus le nombre est grand, et plus le tempo est lent !

J. Wolf : Choral / zum / Evangelischen Gesangbuch für Elsaß-Lothringen / bearbeitet von / J. Wolf, / Kaiserlichem Seminarlehrer in Straßburg i. E. / Straßburg i. E. / C.F. Schmidt's Universitäts-Buchhandlung / Eduard van Hauten. / 1899.
On confia à J. Wolf la préparation du livre d'orgue qui devait accompagner le nouveau recueil de cantiques de 1899, le Evangelisches Gesangbuch für Elsaß und Lothringen ("Spitta-Gesangbuch", v. supra). Chez Wolf, la forme rythmique et la forme simplifée des mélodies sont dans un certain nombre de cas proposées au choix. Mais en règle générale, Wolf semble préférer les formes simplifiées. À la différence d'Ihme, Wolf suit aussi, au départ, une autre tradition, qui depuis lors a totalement disparu : il propose des "transitions", c'est-à-dire de brefs intermèdes musicaux qui, entre deux strophes d'un cantique, permettent aux paroissiens de reprendre leur souffle. Cette coutume avait déjà été blâmée dès 1851 lors de la parution du livre d'orgue Stern ; on avait alors émis le voeu "que bientôt les intermèdes, qui sont si contraires à l'esprit du choral, seront bientôt éliminés partout". Chez Wolf, ils disparaissent d'ailleurs dès 1904 au profit de brefs préludes.

Autres sources

Zahn : Die / Melodien / der / deutschen evangelischen Kirchenlieder / aus den Quellen geschöpft und mitgeteilt / von / Johannes Zahn
L'ouvrage, composé de 6 volumes, parut d'abord à Gütersloh de 1889 à 1893. En 1963, la Georg Olms Verlagsbuchhandlung, Hildesheim le republia en facsimile. Les cinq premiers volumes contiennent les mélodies ordonnées par types de strophes (du type le plus court au plus long). Le 6e volume nous informe sur les sources (recueils de cantiques et livres d'accompagnement, publications en feuille volante etc.) de même qu'un index alphabétique des noms de mélodies. L'ordre de ces sources est en principe chronologique. Mais comme chaque ouvrage peut avoir eu plusieurs éditions, et que ces éditions successives sont regroupées, on ne les trouvera facilement que si l'on connait la date de la première publication, même si d'une édition à l'autre il y a eu des transformations non négligeables, ce qui est loin d'être rare. L'ouvrage de Zahn est très riche (plus de 8800 mélodies, parmi lesquelles on distingue parfois des variantes a, b, c etc.), mais il est clair qu'on ne peut pas tout y trouver. Il faut aussi faire observer à celui qui cherche une mélodie donnée que parfois la même mélodie peut être utilisée pour des mètres versifiés distincts.

Wackernagel : Das / deutsche Kirchenlied / von der ältesten Zeit / bis zu Anfang des XVII. Jahrhunderts / Mit Berücksichtigung der deutschen kirchlichen Liederdichtung im weiteren Sinne / und der lateinischen von Hilarius bis Georg Fabricius und Wolfgang Ammonius / von / Philipp Wackernagel
L'ouvrage a d'abord été publié à Leipzig de 1864 à 1877, puis réédité en facsimilie en 1964 par la Georg Olms Verlagsbuchhandlung à Hildesheim. Il y a 5 volumes. Les deux premiers sont consacrés aux chants très anciens, la plupart en latin, et Luther n'apparait qu'au début du 3e volume. Chaque volume a un répertoire des textes qu'il contient, et il n'y a pas de répertoire global, ce qui quelquefois rend la recherche d'un cantique donné un peu fastidieuse. En revanche les répertoires existants mentionnent à la fois le numéro et la page du chant recherché, ce qui est pratique.

Fischer & Tümpel : Albert Fischer / Das deutsche evangelische / Kirchenlied des 17. Jahrhunderts / Vollendet und herausgegeben von / W. Tümpel, 1904-1916
Albert Fischer (1829-1896) s'était proposé de poursuivre le travail de Wackernagel, et a eu à la fin de sa vie l'impression d'être à peu près parvenu à "boucler" le 17e s. Wilhelm Tümpel (1855-1915) de son côté a poursuivi son travail à la mort de Fischer, mais dans sa forme publiée, l'ouvrage ne couvre pas la totalité du 17e s. Alors que les premières années du siècle sont déjà chez Wackernagel, les années après 1680 manquent dans le Fischer & Tümpel. Il n'empêche que cet ouvrage de 6 volumes, dont un 6e volume de glossaire, sources et répertoires, est fort riche. Il aurait peut-être été poursuivi jusqu'à la fin du siècle si Fischer n'était pas décédé lui-même dans sa 61e année. Le dernier volume a été publié par les soins de son frère H. Tümpel. Les six volumes sont parus chez Bertelsmann à Gütersloh. Comme les ouvrages de Zahn et de Wackernagel, le Fischer & Tümpel a aussi été republié en facsimile par la Georg Olms-Verlagsbuchhandlung en 1964.

Fischer, Kirchenlieder-Lexicon : Kirchenlieder-Lexicon. / Hymnologisch-literarische Nachweisungen / über / ca. 4500 der wichtigsten und verbreitetsten / Kirchenlieder aller Zeiten . in alphabetischer Folge / nebst einer Uebersicht der Liederdichter. / Zusammengestellt / von / Albert Friedrich Wilhelm Fischer, / Oberpfarrer zu Groß-Ottersleben, Superintendent a.D. / [...] Gotha, / Friedrich Andreas Perthes. / 1878-1879.
Ce livre de Fischer est composé de deux volumes, dans lesquels, hors les articles consacrés aux différents cantiques, il y a lieu aussi de considérer les suppléments ("Nächträge"). 1er volume : les lettres A-I (cette dernière inclut le J) ; 2e volume : les lettres K-Z. L'ouvrage peut être consulté sur Internet, et a fait l'objet aussi d'une réédition par la Georg Olms-Verlagsbuchhandlung à Hildesheim en 1967.

Koch : Geschichte / des / Kirchenlieds und Kirchengesangs / der / christlichen, / insbesondere der / deutschen evangelischen Kirche. / von / Eduard Emil Koch, / Dekan, ordentlichem Mitglied der historisch-theologischen Gesellschaft zu Leipzig. / [...] Stuttgart. / Druck und Verlag der Chr. Belser'schen Verlagshandlung. /
L'ouvrage de Koch (7 volumes) est proposé à la vente sur Internet dans sa "dritten, durchaus vermehrten Auflage" (1866-1872). Une partie peut être consultée directement sur Internet. Il est surtout utile pour une consultation ponctuelle si l'on a la référence précise de l'endroit où l'on peut trouver le renseignement cherché, p.ex. si l'on veut se servir d'un renvoi trouvé chez Fischer & Tümpel.

JLH : Jahrbuch für Liturgik und Hymnologie, publié par  Internationale Arbeitsgemeinschaft für Hymnologie (IAH) / Cercle international d'études hymnologiques, v. <http://www.iah.unibe.ch/>